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26.11.2006

Une petite seconde

Il y a comme une histoire jamais commencée, comme un petit souffle dedans jamais soufflé, un petit cri d’ ÊTRE, pur, là, sans rien, oh ! qui dit : où est la vie, où est moi, où ça commence ?
Et quelquefois ça s’écroule et tout s’écroule et on dit ah ! comme si on n’avait jamais vécu une seconde de tout ce fatras. Quelquefois, dans une minute distraite, au bord d’une vieille plage de toujours, au milieu de deux pas perdus parmi les millions de pas qu’on marche, quelque chose s’arrête, quelque chose regarde, on est là sans rien voir, et on regarde comme depuis toujours, on est là ; futile et nul, et une seconde on est : on est comme rien qui est et pour une fois c’est quelque chose ; on est comme rien qui regarde et pour une fois le monde s’enveloppe de douceur ; et c’est rien et c’est très doux, et c’est comme la seule chose qui est.
Alors c’est comme un sourire qui monte à travers des siècles d’oubli, des plages et des plages perdues, des millions de pas pour rien et des millions d’histoires pareilles, et plus rien n’est pareil….pour une seconde.
Une petite seconde pleine qui contient toutes les éternités et toutes les vies, comme si c’était ça qu’on cherchait, ça qu’on était par des vies et des vies, et pour ça qu’on marchait, et pour ça qu’on aimait.
Et c’est rien, et c’est comme tout. La seule histoire en une seconde. Et quoi d’autre ? Tous les Himalayas et toutes les visions du monde sont comme un vain souffle à côté de ce seul petit souffle-là, et si on n’a pas touché ça, on n’a rien touché, rien vécu, rien aimé – ça manque, ça manque…
Parce que c’est ça qui comble, ça qui vit, ça qui aime. Et quoi d’autre ?
La grande histoire du monde est très simple. Ça tient en une seconde.
Une petite seconde qui est.


Satprem

16:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Spiritualité

25.11.2006

Présence et absence

Et l'absence devient l'absence
La présence reste présence

L'absence enivre la présence
La présence éclaire l'absence

La présence anoblit l'absence
D'absence il n'est plus que présence

A l'intersection des spirales
Point d'extase subliminale

Naissent les pourpres arabesques
Sans parfum voilé de mauresque

Au sein du vent froid immobile
Souffle le vent chaud du futile

Le miroir éclot en vortex
A la courbure de deux sexes


Gmc

18:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

21.11.2006

Victoire de la Lumière

Une fois ouverte, la brèche va toujours s'élargissant.

Comme la rivière ne peut s'empêcher de rejoindre l'océan, impétueusement ou paisiblement, sans jamais remonter son cours, le processus d'éveil une fois lancé se poursuit inéluctablement, sans qu'aucun obstacle ne puisse l'arrêter, le ralentir peut-être, mais jamais l'empêcher.

Ne te décourage jamais car certaine est la victoire de la Lumière.


Sevam.blogspirit.com



Commentaire de Sevam

La Lumière dont il est question ici est la lumière de la Conscience de l'Etre qui, n'étant pas un objet, réside, sans forme et donc sans limites, au-delà des limites du mental.

C'est dans cette Lumière de la Conscience qu'apparaissent et disparaissent tous les objets : pensées, sensations, émotions...

C'est aussi cette Lumière qui permet au mental de prendre conscience de ses limites, quelque soit l'étendue de son savoir, car le mental est un objet d'observation de la Conscience et l'objet ne saurait être sujet, et inversement.

10:05 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : spiritualité

17.11.2006

La foi et l'ego

...
Car tant qu’on s’accroche, même au Bouddha, même à Dieu, celui en nous qui s’accroche, c’est toujours l’ego. L’ego, dans sa nature, est mouvement de préhension. Pour aller au-delà de l’ego, il ne suffit pas d’une foi qui croie, car là encore demeure une attente de l’ego. Il faut une foi qui accueille... Tout. Avoir foi en Dieu ne suffit pas, il faut n’avoir foi en rien, et implorer la grâce de Dieu pour qu’Il nous donne la force de L’accueillir. “Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir...”. L’ego n’est jamais digne de recevoir Dieu. Recevoir Dieu, pour l’ego, c’est disparaître, c’est perdre l’opacité qui le constitue, c’est devenir transparence pour Ce qui Est.
...


De Joachim
Administrateur de café-éveil.org

09:32 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : spiritualités

13.11.2006

Cantique

Ô mon âme,
sors, afin que Dieu entre!
Sombre tout mon être
dans le néant divin,
plonge en ce fleuve sans fond !
Si je Te fuis,
Tu viens à moi,
si je me perds,
alors je Te trouve,
O Bien qui transcende l'être!


Maître Eckhart
Aphorismes et légendes

20:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Spiritualité

02.11.2006

La sécurité

La sécurité dans laquelle se complaisent les âmes s'oppose à l'intimité de Dieu. Cette vanité procure au serviteur le sentiment de bien-être lorsqu'il s'y laisse aller. Alors il ne sera jamais heureux.
En effet, la sécurité détruit la vie spirituelle et ruine l'homme qui s'y complait en lui faisant gaspiller son temps. Et lorsque celui-ci en revient malgré lui, il s'aperçoit qu'il a les mains vides et n'a rien obtenu.

Ibn Arabi

19:25 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : spiritualité

01.11.2006

L'attention perceptive

C'est par l'attention à la sensation, c'est-à-dire par l'attention dirigée au lieu de la perception -l'attention perceptive- que nous pouvons rencontrer la réalité essentielle de ce que nous sommes, et par le ressenti de la sensation, que nous pourrons faire l'expérience directe de cette réalité.

Il s'agit bien ici d'attention perceptive et non pas d'une attention mentale, discursive, qui va nommer, évaluer, juger, comparer, : beau ou laid, bon ou mauvais, j'aime ou je n'aime pas. Attention perceptive ou attention non conditionnée, qui n'est autre que la conscience non-réflexive qui entre directement en relation avec les événements, les situations internes -ou externes- et de ce contact naît la sensation.

Pratiquer l'attention perceptive, c'est développer la conscience sensitive du corps, qui est la porte d'accès à la conscience essentielle de ce que nous sommes. En effet, lorsque l'attention (perceptive) se dirige vers la sensation, cette attention-conscience non réflexive rejoint la conscience interne de la sensation qui, à ce contact, va pouvoir s'éveiller et se percevoir comme conscience sensitive. Ce n'est pas quelqu'un, un moi-ego, une entité isolée, séparée, qui perçoit la sensation, c'est la sensation qui se perçoit elle-même comme conscience sensitive, sans les barrières de l'ego qui n'est autre que l'artefact du mental discursif. sans les limites de la personne.

...
Lorsque s'éveille la conscience sensitive, c'est la Réalité en nous qui s'éveille, c'est la réalité qui prend conscience de sa nature de réalité — qui s'actualise en tant que Réalité une et sans limite.


Marigal

10:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note